Légende de Saint-Florent:
Selon la légende Saint-Florent avait élu domicile dans un ermitage près de l'actuelle chapelle Saint-Florent, à Oberhaslach. Comme les animaux de la forêt venaient souvent se rassembler autour de lui, les chasseurs de Dagobert de Kirchheim, soupçonneux, le firent prisonnier. Mais lors de leur retour au château, la voiture des chasseurs s'embourba, et ils ne purent se dégager que grâce à l'aide providentielle de Saint-Florent. Ayant entendu parler de ce miracle, le Roi Dagobert voulu que Florent vienne voir sa fille, qui était aveugle et muette. On lui proposa un cheval, mais Saint-Florent n'accepta de venir que sur son âne, et avant même son arrivée au château, la fille du Roi Dagobert était guérie. Le château fut bientôt en effervescence ; et personne ne s'occupant de débarrasser Florent, il accrocha son manteau à un rayon de soleil... En récompense pour la guérison de sa fille, le Roi lui offrit les moyens de construire une église.

La fleur de sang (légende du château du Ringelstein)
Il est vrai que tous ceux qui connaissent bien la ruine vous le diront, une bien étrange fleur, d'un rouge profond, illumine dès le mois de mars la ruine. Elle forme, sur un petit arbuste, des branches qui portent des dizaines de petites corolles rouges sang. Je ne sais comment les botanistes nomment ce petit arbuste, mais les bûcherons vous diront qu'il s'agit de la main d'Anselme. Une main tâchée de sang ? Le visiteur ne peut être qu'étonné de découvrir ces branches fleuries alors que la végétation commence à peine à sortir de son long sommeil hivernal. De plus, sur la hauteur où les nuits sont encore froides, les plantes se laissent désirer. Il suffit pourtant de deux à trois jours de temps plus clément pour voir surgir cette féerie. Les fleurs rouges sont rares dans la nature, mais ne semble exister mul part ailleurs. Ce sont encore les bûcherons qui vous diront que se sont les sbires d'Anselme qui un jour ayant capturé un marchand, l'on longtemps tenu emprisonné dans l'espoir de toucher une rançon. Mais les parents du brave marchand étaient bien trop content d'être débarrassé du chef de famille, ayant hâte de partager l'héritage. Personne ne paya. Le malheureux fut finalement exécuté dans la cour du château du Ringelstein. Son sang éclaboussa les pavés de la cour et toucha les branches d'un petit arbre. C'est depuis ce temps, qu'à la date anniversaire de ce crime, que fleurit l'arbre d'Anselme. Une accusation muette, une interrogation sur la vanité et la méchanceté humaine... En tout cas je vous souhaite de voir cette merveille de la nature qui semble avoir été ignorée par les anciens guides.

La légende du Nideck
La légende du Nideck possède déjà toute une histoire. En 1808, un forestier conta la légende des géants à Charlotte ENGELHARDT (1781-1864). La jeune femme, qui était la fille du célèbre helléniste strasbourgeois Schweighaeuser, la raconta à son tour à Jacques GRIMM qui était de passage dans sa famille en 1814. En 1816, la légende paraissait dans l'ouvrage sur les légendes des frères GRIMM. C'est ce texte qui inspira le poète Aldabert von Chamisso qui composa "Das Riesenfräulein" - "la fille du géant".

Le jouet des géants: La première transcription du poème en français semble avoir été réalisée en 1863 par J.J Laurent. La légende se résume ainsi : " Il y a longtemps de cela résidait dans ce château une famille de géants. La fillette du châtelain s'ennuyait fort et aimait se promener dans les alentours. Un jour, elle découvrit, ce qu'elle prit pour un jouet merveilleux, à savoir un paysan qui labourait son champ avec ses deux boeufs. Aussitôt, elle ramassa le jouet qu'elle plaça dans le creux de son tablier en s'empressant de remonter au château. Là, elle sortit de sa cachette son trésor, le posant sur la table. Mais au lieu d'entendre le compli ment qu'elle espérait, la fillette fut grondée par son père. Papa géant expliqua à sa fille qu'elle venait de s'emparer d'un brave paysan et que c'était cet être minuscule qui leur permettait, à eux les géants, de trouver leur nourriture. C'était au fond une légende moralisatrice faisant comprendre que les grands de ce monde ne sont rien sans le travail des petites gens ! Le géant commanda à sa fille de reposer son " jouet " là où elle l'avait pris et d'en tirer les enseignements.

Traduction française du poème d'Aldabert de Chamisso:
Les hauteurs où jadis s'élevait le château fort des géants sont à présent désertes.
Le château lui-même n'est plus qu'une ruine.
Tu as beau te renseigner : tu n'y trouve plus de géants.
Pourtant, la légende du "Château de Nideck" est bien connue en Alsace.

Un jour par extraordinaire, au gré de son jeu du moment la fille du géant sort du château et, descendant la colline elle parvient dans la vallée, excitée et curieuse des découvertes qu'elles pourraient y faire.

En quelques enjambées, elle traverse la forêt atteignant Haslach, terre des hommes communs.
Là apparaissant à ses yeux émerveillés villes et village, champs cultivés, tel un monde étrange.

Regardant autour d'elle, elle aperçoit à ses pieds un paysan labourant son champ.
L'attelage bien sûr lui semble étrange.

Tiens, quel beau jouet, s'exclame-t-elle
"Je l'emmène chez moi"
Prestement elle s'agenouille et étend son tablier.
D'un geste elle balaie tout ce qui remue, et l'enferme dans sa draperie.

Par bonds joyeux elle retourne vers le château hélant son père
"Oh père... cher père, j'ai trouvé dans la vallée un jouet merveilleux, je n'en ai jamais vu de tels sur nos sommets."

Le père attablé, buvant son vin bien frais observe la fillette avec complaisance et demande
"Qu'apportes-tu de si frétillant dans ton tablier ?
Fais-moi voir cette trouvaille qui te fais sautiller de joie".

Dépliant la draperie, elle étale avec précaution le paysan, la charrue avec son attelage et elle bat des mains, saute et exulte, quand le gracieux ensemble se dresse sur la table.

Mais le père prenant son air le plus sérieux lui dit :
"Qu'as-tu fais là ! c'est un paysan avec son attelage et ce n'est pas un jouet."

Ramène-le où tu l'as pris de suite et sans réplique, fais ce que je t'ordonne, car sans le paysan tu n'aurais pas de pain. Du labeur de la paysannerie est issue de la lignée des géants, le paysan n'est pas un jouet, Dieu nous en garde ".

Les hauteurs où jadis s'élevait le château fort des géants sont à présent désertes.
Il n'y a plus qu'une ruine de cette légende pour te faire rêver.

Légendes du Hohenstein
Les pièces d'or
Il y a longtemps de cela, alors que tombait la nuit, un bûcheron qui venait de terminer sa journée, découvrit avec stupeur sur le sentier passant sous la ruine, un étrange tas composé d'une matière translucide. Il pensa d'abord que c'était des ailes de hannetons. Persuadé que personne ne croirait son histoire, il ramassa quelques poignées de l'étrange matière qu'il glissa dans son sac. Mais à peine s'était-il éloigné de quelques pas de la ruine que son sac se mit à devenir de plus en plus lourd. "Sans doute la fatigue d'une journée particulièrement rude" se dit-il. Et voulant se débarrasser de tout poids superflu, il vida son sac en renversant le contenu dans un fossé du château. Mais à la place des ailes de hannetons, se furent de belles pièces d'or qui chutèrent dans le vide, glissant sous les pierres et dans les crevasses. D'abord ébahi, le bûcheron tenta bien de retrouver l'une ou l'autre pièce, peine perdue. Elles s'étaient toutes perdues sous les décombres. C'est alors qu'il pensa au curieux tas jonchant le sentier. Il se précipita, mais en fut pour sa peine. Tout avait disparu.
Mais il n'est pas rare de voir à la tombée de la nuit une forme qui cherche dans le fossé du château, c'est notre bûcheron qui espère toujours retrouver l'une de ces pièces d'or.

Le trésor de la Dame Blanche
L'autre légende nous parle de la Dame Blanche qui hante les ruines. C'est surout lorsqu'un promeneur isolé se perd dans les parages que surgit l'étrange créature. Une belle ombre qui plane sur les ruines. Elle tend désespérément ses mains vers l'arrivant. Un jour, un gars du pays passant par là, eut le bonheur de voir la Dame Blanche. Croyant qu'une touriste s'était égarée, il s'approcha. C'est alors que la dame, lui tendit une clé le priant de chercher dans les décombres un coffre : "Tu verras sur ce coffre un monstre couché, n'aies crainte, il se sauvera dès que tu mettras la clé dans la serrure. Tu ouvriras le coffre et tu y trouveras un trésor. Prends autant de pièces d'or que tu peux porter, elles seront à toi, mais surtout n'oublies pas de me ramener la clé".
Quelque peu surpris, notre gaillard se mit à la recherche du coffre qu'il finit par découvrir. Sur le couvercle se trouvait effectivement une bête horrible, mi-crapaud, mi-serpent! Mais courageux, il introduisit la clé dans la serrure et la bête s'évanouit à l'instant dans l'air alors que s'ouvrait le coffre dévoilant un trésor d'or et de pierreries. Avide, il enfourna ses mains, les retira pleines. Mais voilà, il ne pouvait plus retirer la clé sans perdre une partie de son trésor. Il s'en retourna donc vers la dame blanche qui en le voyant arriver sans la clé poussa un cri de désespoir. Au même instant, les richesses enfournées, s'envolèrent comme poussière au vent. La cupidité l'avait emporté sur la promesse. Et depuis, par certains soirs, il n'est pas rare qu'un promeneur voit surgir au haut du rocher du Hohenstein la dame blanche qui cherche toujours l'être pur...

La légende du château de Wangenbourg:
Il y a fort longtemps de cela vivait au château un seigneur querelleur et sans grande moralité. Un jour qu'il chevauchait avec plusieurs compagnons dans la forêt près du château du Nideck, il vit une charmante jeune fille qui cueillait un bouquet de fleurs. C'était la fille du châtelain, qui venait tout juste d'avoir 16 ans. Le triste sire de Wangenbourg fut subjugué par son charme : le jour de sa naissance, une fée était venue se pencher sur le berceau de la jeune fille, lui assurant qu'elle serait belle comme une fleur. Il décida donc d'enlever la belle sur son cheval et de l'enfermer au château de Wangenbourg. Il déploya tant d'efforts qu'elle finit par tomber amoureuse de lui, et succomba à ses désirs. Mais au bout de quelques semaines, le chevalier infidèle se détourna d'elle et courut à d'autres conquêtes. Pour se débarrasser d'elle, il l'accusa d'abord de le tromper avec son entourage, puis feignit de croire aux protestations d'innocence de la jeune fille, exigeant d'elle une preuve d'amour. Il lui commanda de remplir à la cascade du Nideck une jarre d'or. Le chemin vers la cascade fut long et difficile pour la pauvre jeune fille. Epuisée, ensanglantée, elle parvint enfin au haut de la cascade et malgré ses souffrances, voulut remplir la jarre sans plus attendre. Mais le poids était tel que la malheureuse glissa et tomba dans le vide. C'est alors que la fée qui s'était penchée sur son berceau surgit et sauva la vie de sa filleule, la transformant en nymphe pour lui éviter de s'exposer à d'autres tentateurs. C'est depuis ce temps que bien des promeneurs ont pu voir, lors des soirées d'orage, une ombre blanche danser dans l'écume...




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